J’ai essayé. Je n’ai pas aimé. Je passe à autre chose.
Je n’ai pas aimé Split en Croatie.
Voilà.
C’est probablement la première fois que j’écris ça après des vacances.
D’habitude, on revient d’un voyage avec quelques jolies photos, deux ou trois anecdotes et cette petite obligation sociale de dire que c’était génial.
Alors qu’en réalité, parfois, on s’est fait chier.
Et je crois que c’est intéressant d’en parler.
Split est belle.
Je n’ai simplement pas aimé y être.
Et ce sont deux choses très différentes.
Le centre historique est vraiment canon. Il y a de très beaux paysages. Nous avons trouvé une plage un peu sauvage, à environ une heure de Split, avec une eau turquoise et presque personne.
Bon, turquoise comme dans la vraie vie. Pas comme sur certaines photos internet où l’eau semble avoir été repeinte au pinceau.
J’ai même de plus en plus de mal avec ça.
Je préfère les vraies couleurs.
Les vraies lumières.
Les choses un peu imparfaites.
Mais globalement ?
Trop calme.
Trop touristique.
Trop cher.
Pas assez vivant pour moi.
Et parfois, un accueil franchement moyen.
Voilà.
À découvrir aussi : mon approche photographique pour capturer l’authenticité.
Alors pourquoi j’y suis allé ?
En fait, je n’avais pas vraiment choisi.
Split faisait envie à Castille depuis un moment. Les photos sur internet donnaient envie. Les paysages avaient ce petit côté exotique qu’on peut parfois rechercher sans avoir besoin de prendre un avion pour douze heures.
Alors on s’est dit : pourquoi pas ?
Nous n’avions pas vraiment d’attente.
Quelques vidéos YouTube regardées rapidement, mais rien qui nous ait donné cette envie irrépressible de partir.
Et surtout, ces vacances étaient d’abord pour Aaron.
Il a douze ans.
Et à douze ans, les vacances parfaites ne nécessitent pas forcément un programme de malade.
Une piscine.
Une plage.
De la bouffe.
Des jeux.
Des grasses matinées.
Un téléphone.
Et surtout, des parents disponibles.
Ça tombe bien : après une saison de mariage bien remplie, avec les réveils très tôt, le stress des livraisons, les kilomètres et cette impression permanente d’avoir quelque chose à terminer, un peu de glande ne pouvait probablement pas nous faire de mal.
Même si, évidemment, j’ai quand même mis du travail dans mon sac.
Je ne sais pas encore partir complètement.
Mais j’essaie.
Split et moi, ça ne colle pas
Je crois que j’aime les endroits qui bougent.
La musique.
Les gens.
Les corps.
Les terrasses pleines.
Une ville qui continue à vivre quand la journée est terminée.
Un peu de bordel.
Une soirée qui peut commencer tranquillement et finir complètement ailleurs.
Split ne m’a pas donné ça.
J’ai trouvé la ville étonnamment calme.
Le centre historique est magnifique, mais il m’a fallu environ dix minutes pour en faire le tour dans ma tête.
Ok. C’est très beau.
Et après ?
Je n’ai pas vraiment trouvé la suite.
Les plages de Split ne m’ont pas emballé non plus.
Et puis il y a eu les prix.
Putain, les prix.
Tout m’a semblé très cher pour ce que c’était.
Sur l’île où nous étions au début, c’était déjà plus agréable. Nous avions une piscine, quelques plages plutôt sympas, un rythme tranquille.
Et finalement, c’est peut-être là que j’ai passé mes meilleurs moments.
Un matin, nous sommes partis assez tôt avec Castille.
Peu de monde.
Un café.
Pas grand-chose.
Puis nous avons fini à l’eau pour nous rafraîchir avant de rentrer retrouver Aaron et notre piscine.
Et c’était bien.
Vraiment bien.
Pas spectaculaire.
Pas Instagrammable à mourir.
Juste bien.
Et finalement, c’est peut-être ce que je retiens le plus.
Je n’avais rien à trouver
Je me suis quand même demandé si le problème venait de moi.
Est-ce que j’étais trop fatigué ?
Est-ce que j’étais encore mentalement dans les mariages ?
Est-ce que j’avais besoin de vacances mais que je n’arrivais pas à décrocher ?
Oui, je pensais encore au travail.
Avec Castille, nous en avons beaucoup parlé.
Mais je ne crois pas que ça ait vraiment changé mon regard.
Je n’étais pas venu chercher quelque chose.
Je voulais disparaître quelques jours. Je voulais ralentir.
Et je suis dans une période de ma vie où je sais plutôt bien prendre le temps de regarder les choses.
Alors non.
Je crois simplement que je n’ai pas aimé. Et ce n’est pas grave.
J’ai déjà vécu ça ailleurs.
Prague. Cracovie.
Des villes que beaucoup de gens adorent et qui ne m’ont pas vraiment touché.
Pourtant, j’aime l’Est.
Comme quoi.
On peut aimer une idée sans aimer chacune de ses déclinaisons.
Aaron, lui, a adoré
Et c’était finalement le plus important.
Aaron a dormi. Beaucoup.
Il a fait piscine. Beaucoup.
Il a scrollé. Énormément.
Il a mangé de la bouffe grasse comme on s’autorise rarement à le faire.
Il a fait de la plage, des jeux sur des structures gonflables, encore de la piscine.
Et il a kiffé.
Je pourrais écrire qu’il m’a appris quelque chose sur le lâcher-prise.
Mais non.
Nous sommes simplement différents.
Moi, j’aime la fête. Le bruit. La musique. Les corps qui bougent.
Les endroits où il se passe quelque chose.
Lui beaucoup moins.
Et c’est très bien comme ça.
Il n’a pas besoin d’aimer ce que j’aime.
Je n’ai pas besoin d’aimer ce qu’il aime.
Mais nous avions besoin de passer du temps ensemble.
Et ça, nous l’avons fait. Souvent.
Des moments juste avec lui. Des moments avec Castille. Des moments tous les trois.
Des conversations qu’on n’aurait probablement pas eues dans notre quotidien habituel.
Alors même si je n’ai pas aimé la destination, les vacances ont quand même réussi leur mission principale.
Nous étions ensemble.
L’ennui n’est pas forcément un problème
Il y a quand même quelque chose que j’aime dans ces quelques jours.
L’ennui laisse de la place.
Pas l’ennui profond qui donne envie de se barrer.
L’ennui qui permet de ne rien faire.
De regarder. De penser. De réfléchir.
De construire des choses dans sa tête.
Et peut-être aussi de comprendre un peu mieux ce qu’on aime.
Parce qu’on apprend beaucoup dans les expériences positives.
Mais je crois qu’on apprend énormément dans celles qui nous déçoivent.
Cette semaine m’a par exemple rappelé que mes vacances idéales ne sont probablement pas une piscine et une jolie plage.
J’ai besoin de beau, oui.
De calme pendant la journée, certainement.
Mais aussi de mouvement.
De musique. D’excitation. De rencontres.
D’une soirée qui peut partir dans une direction inattendue.
C’est probablement pour ça que je suis déjà impatient de partir à Berlin avec Castille.
Et encore plus de repartir en Asie cet hiver.
Philippines. Cambodge. Thaïlande.
Là, je sais déjà que je vais retrouver quelque chose qui me ressemble davantage.
Vous pouvez explorer mes reportages de mariage pour voir comment les images racontent, se souviennent et peuvent rester dans le temps.
Pourquoi faut-il toujours que le voyage soit réussi ?
C’est peut-être là que cette histoire devient intéressante.
On passe énormément de temps à essayer de ne pas regretter nos choix.
Un voyage doit être réussi.
Un restaurant doit être bon.
Un achat doit être pertinent.
Une relation doit fonctionner.
Une carrière doit avoir du sens.
On a payé les vacances.
On a posé des jours.
On a pris l’avion.
Alors il faudrait que ce soit génial.
Et puis partir est déjà une chance.
Alors dire qu’on n’a pas aimé peut presque sembler indécent.
Personnellement, je n’ai pas vraiment de problème avec ça.
J’ai payé. Je suis parti. J’ai essayé. Je n’ai pas aimé.
Et alors ?
Je n’ai pas perdu mon temps. J’ai appris quelque chose.
Et surtout, je ne regrette absolument pas d’y être allé.
Parce que si je n’étais jamais venu, je ne saurais pas que Split n’est pas vraiment mon truc.
Même moi, j’ai fait semblant que tout allait bien
Il y a quand même un petit truc assez drôle là-dedans.
J’ai fait des stories pendant le voyage.
Et évidemment, j’ai montré les trucs cool.
Une jolie plage. Une belle lumière. Un moment sympa.
Une piscine. La mer.
Parce que oui, il y avait des moments cool.
Et puis parce que je n’ai pas envie de transformer mes réseaux sociaux en carnet de plaintes.
Mais si tu regardais uniquement mes stories, tu pourrais probablement penser :
David passe des vacances absolument géniales en Croatie.
Ce qui serait un peu faux.
Pas complètement. Mais pas complètement vrai non plus.
C’est probablement le fonctionnement des réseaux.
On choisit les morceaux qu’on a envie de montrer.
Et je le fais en connaissance de cause.
Je raconte mes voyages parce que j’aime partager.
L’Asie. Berlin. Les endroits que j’aime.
Les choses qui m’intéressent. Les expériences que j’ai envie de raconter.
Et je sais très bien qu’une partie des gens qui regardent s’en fout complètement.
Je le ferais probablement aussi à leur place.
Mais il y a ceux qui suivent vraiment.
Ceux qui m’écrivent. Ceux qui répondent.
Ceux avec qui une conversation commence parfois simplement parce qu’ils ont vu une story.
Et ça compte pour moi.
Et puis il y a une autre raison.
Je suis photographe.
Mais je ne veux pas que mon univers se résume à des mariages.
Je pense que les gens qui me choisissent doivent aussi savoir qui je suis.
Ce que j’aime. Ce qui m’intéresse. Mes voyages. Mes goûts.
Mes contradictions. Ma manière de regarder les gens.
Je ne veux pas seulement montrer ce que je produis.
J’ai envie de montrer un peu celui qui produit.
Alors oui, je montre les belles choses.
Mais ça ne veut pas dire que tout était parfait.
Memory Architect
J’ai essayé. Je n’ai pas aimé. Et pourtant…
Je repars de Croatie avec de très bons souvenirs.
Pas forcément de Split. Pas forcément des paysages.
Mais de nous.
D’Aaron. De Castille. Des discussions. Des moments simples.
De cette énergie qu’on récupère quand on sort quelques jours de sa routine.
Et surtout d’une information supplémentaire sur moi.
Je sais un peu mieux ce que j’aime. Et ce que je n’aime pas.
La prochaine fois, je choisirai peut-être autrement.
Pourquoi pas une grosse bagnole ou un petit utilitaire et partir dans la campagne.
Dormir parfois dans un hôtel. Parfois là où on peut.
Rouler. S’arrêter. Découvrir.
Peut-être qu’Aaron adorera.
Peut-être pas.
Il apprendra. Comme moi.
Parce que parfois on pense qu’on n’aime pas.
On goûte. Et on adore.
Et parfois on goûte. Et on se dit simplement : non merci.
Au moins, maintenant, on sait.
Alors non, je n’ai pas kiffé la Croatie.
Mais j’aime voyager. J’aime découvrir. J’aime me tromper. J’aime changer d’avis.
Et j’aime encore plus savoir que je peux dire franchement qu’un endroit ne me plaît pas sans avoir besoin de le transformer en belle histoire.
J’ai essayé. Je n’ai pas aimé. Je passe à autre chose.
Et quelques jours plus tard, je serai à Berlin avec Castille.
Puis cet hiver, les Philippines, le Cambodge et la Thaïlande.
Il reste encore énormément de cases à cocher.
Et heureusement.
Tu te maries bientôt ?
Que ce soit à Lyon, Paris ou à l’autre bout du monde, je suis prêt à te suivre là où ton histoire nous mène ! Même la Croatie..
On s’appelle, on se raconte ?








